Spécial post-Halloween : sommes-nous des Zombies ou des Génies ?

Que penser de l’intelligence des masses ? Est-elle ce zombie ? cet être décérébré, sans raison ni réflexion décrit ainsi dans l’ouvrage intitulé “ La psychologie des foules “ de Gustave Lebon en 1895 ou est-elle au contraire, un organe de réflexion capable de résoudre des problèmes mieux que quiconque, seul dans son coin ? Entre “La sagesse des foules”, écrite par James Surowiecki en 2004 et “Les Délires collectifs extraordinaires et la folie des foules” de  Charles Mackay, publié en 1841, les écarts de visions nous ont interpellés…

Mi-maléfique, mi-bénéfique la foule peut-elle se résumer à une simple somme d’individus ?

Pour Gustave Le Bon, une foule est plus qu’un agrégat d’individus, elle est, d’un point de vue psychologique, une entité mentale avec des caractéristiques nouvelles et très différentes des individus qui la composent. Il rejoint Charles Mackay (pour rappel, auteur de “la folie des foules“) qui considère que les gens pensent en troupeaux. Pour Gustave Le Bon, la foule est comme une masse impulsive et irritable où “l’individu se trouve altéré [..], devient surtout soumis à l’inconscient, et régresse vers un stade primaire de l’humanité”.  Il cite en exemple, Napoléon Premier qui, par son charisme et son pouvoir d’influence, réussit à endoctriner son peuple en affirmant et en répétant un même message jusqu’à enclencher la contagion.  Depuis 1895, d’autres leaders ont tristement confirmé cette thèse, en amenant des peuples à commettre de trop nombreux crimes contre l’humanité.

A l’inverse, James Surowiecki, dans son ouvrage “ La sagesse des foules”, estime que la foule est supérieure à l’individu même le plus expert, notamment en ce qui concerne la résolution de problèmes. Il donne comme exemple, l’estimation du poids d’un boeuf lors d’une foire agricole : un homme a tenté de vérifier jusqu’à quel point un groupe de 787 personnes pourrait déterminer le poids exact d’un bœuf. Quand le poids du bœuf a été révélé (543 kg), il en est ressorti que l’estimation de la multitude avait été de … 542,5 kg.

Alors la foule ? zombie ou génie ? Que peut-on en conclure ?

James Surowiecki considère 3 conditions nécessaires et indispensables pour assurer le succès de l’intelligence de la foule :

  • La diversité : diversité des personnes (divers milieux avec des idées originales),
  • L’indépendance : l’expression de l’opinion sans aucune influence,
  • La décentralisation : sans interprétation par une autorité supérieure du résultat de l’ensemble.

Si l’on s’appuie sur les travaux décrits précédemment, pour bien vivre au sein d’une foule, et développer une foule (société) intelligente, il serait de bon ton, d’arriver à créer les conditions adéquats: diversité, indépendance et décentralisation.

L’agilité assure-t-elle les conditions de diversité, d’indépendance et de décentralisation ?

 L’agilité  donne les clés pour gérer un groupe et faciliter sa capacité à coopérer, s’auto-organiser et  s’améliorer. Une équipe agile, est, par définition,  diverse. Lorsque l’on compose une équipe agile, on la pense avant tout pluridisciplinaire.

Qu’en est-il de l’indépendance et de la décentralisation ?

Une équipe agile ne vit pas sous l’influence d’un leader unique et charismatique. Elle peut être influencée, tour à tour, par le leadership de chacun de ses membres. Sa capacité à définir sa direction et ses  propres actions est garantie par la position neutre du facilitateur. Les décisions, la vision, les idées sont étudiées et engagées de manière consensuelle, dans un climat de bienveillance et d’écoute.

En bref

Une équipe agile est un groupe de personnes impliqué et non soumis, conscient de ses capacités à progresser, à interagir et décider. On est loin de la description de cette foule primaire, impulsive et irritable de Gustave Le Bon.  Plutôt que de subir les émotions, contradictions et  injonctions qu’elle reçoit, une équipe agile va chercher à identifier et apprivoiser ces tensions, humeurs et ressentis qui l’animent.

Ni zombie, ni primates, pourquoi ne pas pas faire de nos foules, des équipes agile ?

A la Fabrik, nous pensons que l’agilité est une compétence collective, utile au delà du champ professionnel. Elle permet de réagir face au enjeux sociétaux que nous rencontrons (fracture numérique, écologie, inégalités…). Nous maîtrisons depuis longtemps l’art d’agir de manière individuelle en écoutant nos besoins. Apprenons maintenant à agir collectivement, et à créer un climat favorable à l’intelligence collective au sein des groupes auxquels nous appartenons.

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